Obama : 10 scénarios pour un 24 avril
Politique-Fiction
par Jean Stépanian
le 17 avril 2009
Obama va-t-il reconnaître le génocide arménien ? Et pour quelles conséquences ?
Jamais un Président américain n’a été aussi loin dans ses promesses sur la reconnaissance. Jamais il n’a exprimé autant d’intérêt envers la question arménienne. Jamais les Arméniens ne se sont autant mobilisés aux côtés d’un candidat lors de sa campagne électorale. Tout cela suffira-t-il à changer la position de la 1ère puissance du monde ? Quelles en seront les conséquences ? Passage en revu des meilleures comme des pires scénarios.
2 questions, 10 possibilités. Faîtes votre choix.
1 - Obama recule, la Question arménienne est enterrée
24 avril 2009 : Obama se rabat sur les euphémismes traditionnels tels que « tragédie » ou « massacre de grande ampleur ». La consternation est telle que les institutions arméniennes, cherchant un responsable à l’échec, se lancent dans une guerre fratricide. Entraînée dans une série d’implosions et de scissions en cascade, déjà fragilisée, la diaspora cesse pour toujours d’être un acteur politique. L’Ararat disparaît des bouteilles de Cognac arménien sur décret gouvernemental, à l’instigation du nouvel axe Moscou-Ankara.
2 - Obama recule et la Question arménienne est redéfinie
Obama n’a pas un mot sur Génocide des Arméniens. Prenant acte de l’énormité de l’obstacle politique, les institutions arméniennes de diaspora décident d’ouvrir une nouvelle ère pour la question arménienne. Un grand débat international panarménien est organisé sur les objectifs et les stratégies de la Cause arménienne, en réactualisant sa définition, qu’ils élargissent à la Culture et au Djavakhk
3 - Obama esquive, les Arméniens persistent
Obama ménage la chèvre et le chou. Il n’emploie pas le mot ’Génocide’ mais ‘Medz Yerghern’ (‘Grande Catastrophe’), selon une stratégie pondue voici trois ans par les think tank américano-turcs. Les organisations arméniennes assurent officiellement que c’est un premier pas pour ne pas déprimer les troupes. Elle déclarent leur stratégie inchangée, sur l’air connu « tous les espoirs sont permis au premier faux pas qu’Ankara commettra en politique internationale ».
4 - Obama entérine une reconnaissance au rabais
Obama ménage la chèvre et le chou. Il parle d’événements « reconnus comme un Génocide par les historiens ». Sur les conseils d’un Etat-major autant préoccupé par la stabilité de l’Etat turc que par les velléités russes vers les mers chaudes, le Président rassure Ankara en déclarant « irréalistes » les demandes de réparations arméniennes. En contrepartie, le parlement turc vote un texte flou où sont formulés de vagues « regrets ». Bruxelles et Washington applaudissent. Ils déclarent le geste turc suffisant et enterrent la question arménienne.
5 - Obama reconnaît et la Turquie joue la rupture
Obama reconnaît le Génocide des Arméniens. Anakara organise d’immenses manifestations nationalistes qu’il déclare ne pas contrôler et fait valoir les risques de déstabilisation nationale ainsi que de basculement anti-occidental. Erdogan devient parrain du fils du Président iranien Mahmoud Ahmadinejad ; lesquels inaugurent ensemble un musée du Génocide des Indiens d’Amérique et un centre de recherche nucléaire turco-iranien. Après avoir chuté dans les sondages suite à un scandale Véronica Levinsky fort opportun, Obama est balayé aux élections de 2012. Son successeur – pas plus que les 17 suivants - n’évoquent plus la Question arménienne.
6 - Obama reconnaît et la Turquie noie le poisson
Obama reconnaît le Génocide des Arméniens. Le gouvernement Erdogan inaugure une rue ’Hrant Dink’ pour noyer le poisson ; les « progressistes » arméniens se constituent en parti politique et acceptent officiellement le « pardon » des « progressistes » turcs ; la question politique est enterrée définitivement au nom de la « fraternité » et de « la stabilité régionale ».
7 - Obama reconnaît et Ankara fait le dos rond
Obama reconnaît le Génocide des Arméniens. C’est la liesse chez tous les Arméniens du monde, avec le sentiment du devoir accompli. Pourtant, cela ne change rien et Ankara fait encore le dos rond pendant un siècle encore sur le thème ‘nous ne nous ne laisserons pas dicter notre politique par l’impérialisme occidental’, non sans succès en Turquie.
8 - Obama reconnaît et rencontre les Iraniens en Arménie
Obama reconnaît le Génocide des Arméniens lors d’une visite surprise à Dzidzernagapert. Toujours à Erevan, il rencontre le Président iranien au Poplavok sur invitation de son homologue arménien en peaufinant ensemble les détails du « Nouvel ordre mondial » et « multilatéral » proclamé début avril.
9 - Obama reconnaît et insuffle un élan en Turquie
Obama reconnaît le Génocide des Arméniens. Les « progressistes turcs » se sentent pousser des ailes et s’autorisent à parler explicitement de Génocide. Cinq ans plus tard, le premier candidat non-négationniste se présente aux élections présidentielles en Turquie.
10 - Obama reconnaît et Gül s’incline à Dzidzernagapert
Obama reconnaît le Génocide et Gül s’incline à Dzidzernagapert. La presse national-kémaliste leur découvre une grand-mère arménienne commune – la même que Fetiye Çetin - pour expliquer leur geste, avant de se résoudre finalement à une hypothèse plus crédible : il y a peut-être bien eu Génocide.
Bel article et jolie site que je découvre.
Merci !
Et maintenant quelle direction pour la FRA ?
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